Extraits

Lire un passage d’un livre, d’hier ou d’aujourd’hui, et rendre compte des plus beaux passages. 

« On dit que la guerre est la meilleure amie de la mort, mais j’ai une autre opinion là-dessus. A mes yeux, la guerre est comparable à un nouveau patron qui attend de vous l’impossible. il est là, sur votre dos, à répéter sans arrêt : « Il faut que ce soit fait, il faut que ce soit fait. » Alors, vous mettez les bouchées doubles. Et le travail est fait. Pour autant, le patron ne vous remercie pas. Il vous en demande plus encore. » Markus Zusak La voleuse de livre

‘Tertio : la situation est irréversible – elle déglutit en pensant à ce mot qu’il lui faudra articuler, irréversible, quatre syllabes qui vitrifient l’état des choses et qu’elle ne prononce jamais, plaidant le mouvement continu de la vie, le retournement possible de toute situation, rien n’est irréversible, rien a-t-elle coutume de clamer à tout bout de champ – elle prend alors un ton léger, balance sa phrase comme on secoue avec douceur celui qui se décourage, rien n’est irréversible, hormis la mort, le handicap, et peut-être alors qu’elle virevolte, tourne sur elle – même, peut-être qu’elle se met à danser. » – Maylis de Kerangal, Réparer les vivants. 

« Les lois humaines servent justement à ceci : limiter l’instinct animal. » Primo Levi, Si c’est un homme

« Le temps est moins cruel qu’on ne le pense. Derrière ses stigmates, les êtres ne changent pas. De beaux meubles, même sous plusieurs couches de peinture, conservent leur grâce. Il suffit de les gratter pour les retrouver intacts. Les gens, c’est pareil. » Anne Liger-Belair, dite Gudule La Bibliothécaire

Ça ne sert à rien de devenir amère parce qu’il y a des connards sur terre.
S’il n’y avait pas de connards, tu ne saurais pas repérer les gens bien. Jenny Colgan, Une saison à la petite boulangerie